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8. La salle d'Artémis

 

 

    Ici sont exposées les statues d'Artémis et les offrandes retrouvées dans l'Artémision et près de son autel.

 

    Les deux statues d'Artémis les plus célèbres du Musée sont exposées devant deux murs qui se font face. L'une, qui mesure 2,92 m. de haut, est appelée "la Grande Artémis" (elle est du côté ouest) et l'autre a été surnommée "la Belle Artémis". Toutes deux ont été retrouvées en bon état dans le Prytanée d'Ephèse.

 

    La Grande Artémis a un type asiatiqe. Elle porte deux petits lions sur ses bras. Ses jambes sont soudées l'une à l'autre tandis que ses bras s'avancent comme pour distribuer l'abondance. Son regard est profond et lointain, comme il convient à une déesse. Elle porte sur la tête une tiare à trois étages. Le plus élevé se compose de trois façades de temple ionique à quatre colonnes chacune; en dessous, il y a des sphinx et des griffons qui soutiennent des arches; derrière la tête, la Lune est entourée des deux côtés de cinq lions et de griffons. Ses yeux sont grands et les traits de son visage pleins. Elle porte des pendants d'oreilles et deux rangs de colliers. Sous sa poitrine, pendent quatre rangées de protubérances ovoïdes; on a d'abord cru qu'il s'agissait de seins, puis on a pensé à des oeufs et finalement on a avancé l'idée qu'il pourrait s'agir en fait des testicules des taureaux sacrifiés à la déesse. Ces trois thèses ont tout de même ceci de commun qu'elles font toutes référence à la fécondité et à l'abondance. Bien que la déesse passât pour être vierge, elle était la protectrice des femmes en couche.

 

    Les avant-bras de la statue sont cassés. L'orifice que l'on aperçoit dans le bras droit pourrait indiquer soit une réparation effectuée dans l'Antiquité, soit un placage de métal précieux qui aurait recouvert les mains. Comme dans son temple la statue était habillée de précieuses étoffes qui ne laissaient voir que le visage et les mains, il n'est pas impossible que celles-ci fussent plaquées d'or.

 

    Ses hanches sont serrées dans une étroite ceinture décorée de rosettes et d'abeilles (symboles d'Ephèse). Les plis de sa jupe tombent droit jusqu'en bas (le socle de la statue a disparu). Sur toute sa surface, la jupe est divisée en rectangles (6 par rangée) qui contiennent des figures de lions, de béliers, de cerfs, de taureaux, de griffons et d'abeilles. Sur les côtés, il n'y a qu'une figure par rectangle, mais au milieu, il y en a trois dans chacun des cinq premiers rectangles et deux dans le sixième (celui du bas). La statue de la Grande Artémis date du Ier siècle de notre ère, tandis que la Belle Artémis lui est postérieure d'une cinquantaine d'années.


 

La Grande Artémis. Marbre du Ier siècle ap. J.-C.

 

 

    La statue de la Belle Artémis, qui ne mesure que 1,74 m. de haut, ressemble beaucoup à la précédente, mais le marbre en est plus blanc et de meilleure qualité. Elle était soigneusement polie et plaquée d'or (il n'en reste que quelques traces sur le côté droit du cou). La tiare a disparue. Le collier délicatement dessiné comporte un rang supérieur de Victoires et un rang inférieur composé des signes du Zodiaque. La jupe va en se rétrécissant jusqu'aux pieds dont seul le bout est découvert. De chaque côté de la déesse, se tenait un cerf qui était son animal sacré.

A côte de la Belle Artémis, il y a encore une autre statue de la déesse, contemporaine des deux précédentes, mais dont la tête a disparu. Celle-ci aussi porte des Victoires et des signes du Zodiaque sur la poitrine.

    Le torse d'Artémis qui est exposé dans une vitrine, date du Ier siècle av. J-C. et porte trois taureaux (ou trois cerfs ??) sur la poitrine. La statue en or qui est dans la vitrine représente également une déesse. Elle date du VIIème siecle av J. C. et fut découverte au cours des fouilles de l'Artémision. Il y a des statuettes analogues à celle-ci réalisées en ivoire. Remarquons aussi une pièce très rare: une coupe en cristal de roche qui était un objet votif. Les divers objets en terre cuite, en marbre, en ivoire, en bronze ou en or sont des offrandes du VII-Vème siècle av. J-C.: le bélier en ivoire est une oeuvre cimmérrienne. Le relief des Amazones qui se trouve dans cette salle est une copie. Quant à la statue de cheval (oeuvre du IVème siècle av. J.-C.), c'est un élément du quadrige qui se trouvait sur l'autel d'Artémis. Dans cette salle, figurent aussi quelques éléments architecturaux ayant appartenu au Temple: un dessin restitue leur position d'origine dans l'édifice.

    Enfin, la tête de jeune homme est un fragment provenant des "columnae caelatae".
 
 


 
 

 


 

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