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Après la salle des fontaines on passe dans la salle où sont exposées les objets qui ont été découverts récemment. A droite en entrant, la vitrine murale présente de petits objets byzantins. Des croix en bronze et des reliques en forme de croix sont accrochées sur le mur blanc de la vitrine; leurs dates se situent entre le VIème et le XIIème siècle et sur certaines d'entre elles il y a une représentation du Christ en croix ou des saints. Dans la partie inférieure de la vitrine, il y a une série de bols vernissés du X-XIIème siècle; ils sont de couleur crème avec au centre un oiseau réalisé avec la technique du "sgraffite" (grattage de la couche superficielle pour faire apparaître la couleur du fond). Les "icones" taillées dans la stéatite sont d'une très belle facture et semblent, pour la plupart, postérieures au Xème siècle; elles représentent des évêques. Les deux petits panneaux carrés représentant, l'un Jésus et Marie, l'autre la Vierge seule, appartenaient à un coffret à reliques dont deux plaques sculptées en argent sont accrochées au mur de la vitrine. Un autre objet remarquable par sa beauté est un médaillon en pierre verte foncée; sur l'une des faces on voit Saint Michel ailé tenant un bâton dans une main et un livre dans l'autre; sur l'autre face, il y a une tête d'homme entourée de sept têtes d'animaux corpulents et à longues oreilles (??). Les deux faces portent des inscriptions.
Après cette première vitrine, viennent celles où sont exposées une partie des monnaies retrouvées dans les fouilles. Sur les murs il y a des dessins expliquant la fabrication d'une monnaie et deux agrandissements de monnaies éphésiennes représentant l'une, une abeille (symbole d'Ephèse) et les deux premières lettres grecques du nom d'Ephèse, et l'autre, une figure d'Artémis entourée de l'inscription "Diana Ephesia". Ensuite, dans une vitrine placée dans une niche, on peut voir un reliquaire du VIIIème siècle en forme de petit sarcophage qui fut découvert dans le bâtiment de la douane à l'extrémité ouest du port d'Ephèse. Dans la seconde niche, il y a des récipients en terre cuite utilisés pour le vin (VI-IIème siècle av. J.-C.); la lie de vin desséchée qui est déposée dans l'un d'eux a été trouvée au fond d'une amphore.
Dans la troisième niche, on verra une cuve baptismale qui en plan a la forme d'une rosette quadrilobée. Le fait que la paroi extérieure soit simplement dégrossie prouve que la cuve était enterrée dans le sol, Le rebord de la cuve porte une inscription dédicatoire en grec qui permet de supposer que sa construction date du XIIème siècle.
Dans la quatrième vitrine de la même rangée, on remarquera deux statues d'Eros. L'Eros debout est nu et tient un masque dans la main gauche; le bras droit a disparu, mais la main droite devait attraper par la queue un lézard qui se trouve à ses pieds. Cet objet d'art servait de robinet pour un bassin: l'eau jaillissait par la bouche du masque. L'autre statue est un Eros chevauchant un dauphin et il avait la même utilisation. Ce genre de décoration utilisée pour les bassins était très fréquent dans le quartier dit des "Maisons en terrasses"; elle est encore employée de nos jours.
La dernière vitrine de la rangée est consacrée à des moules. Dans la partie haute, on explique comment on décorait par application les "skyphos" qui étaient des vases utilisés pour boire le vin. Ce type de décoration par applications fut utilisé pour la première fois à Pergame à l'époque hellénistique et il se propagea à d'autres régions comme en témoigne le fait que l'on ait trouvé des moules positifs à Ephèse. Dans la partie inférieure, on voit des lampes à huile, des moules et leurs empreintes. Les matrices en terre cuite et en stéatite que l'on voit à droite servaient à couler des poids on métal. Les masques tragiques qui sont accrochés au mur, à gauche en entrant, proviennent des fouilles du grand théâtre. Le schéma qui est au dessus montre dans quelles parties du théâtre ils étaient utilisés pour la décoration. En plus le dessin représente aussi dos acteurs tenant leur masque à la main, ceci pour bien faire comprendre à quoi servaient les masques dans les pièces de théâtre.
La collection la plus riche du Musée d'Ephèse est celle des lampes à huile, car elles furent retrouvées en très grande quantité au cours des fouilles et plus particulièrement dans la Grotte des Sept Dormants. Nous savons que dans l'Antiquité, Ephèse était un important centre de fabrication et d'exportation de lampes à huile de haute qualité et de types variés. Comme ailleurs, les lampes étaient produites en série dans des ateliers en utilisant des moules (dont un grand nombre a été également retrouvé par les archéologues). Sur le mur nord de la Salle des Découvertes Récentes, où sont exposées les lampes à huile, un dessin explique leur procédé de fabrication.
Buste de l'empereur Marc-Aurèle. Marbre du IIIème siècle apr. J.-C.
Dans la vitrine centrale, on peut voir différents exemplaires de lampes à huile qui montrent l'évolution de la production éphésienne. Dans une niche du mur oriental, il y a un buste très bien conservé de l'empereur Marc-Aurèle, qui fut trouvé dans l'une des "maisons en terrasses". L'empereur porte les cheveux et la barbe bouclés et son vêtement (paludamentum) est fixé sur l'épaule droite par une fibule. Telle qu'elle se présente, cette oeuvre ne se distingue guère des nombreux portraits de Marc-Aurèle que l'on trouve dans divers musées.
En face de la porte de sortie de cette salle, on peut voir la frise en ivoire, une oeuvre d'art qui a peu d'équivalents dans les autres musées du monde. Elle fut découverte en 1969 dans le quartier des "maisons en terrasses". La frise représente la guerre menée contre les barbares par Trajan et les préparatifs de celle-ci. La pièce maîtresse se compose de trois panneaux. L'une des deux cariatides qui sont aux extrémités, se tient debout, le menton dans la main et l'autre main sur la hanche; quant à la seconde elle est trop mal conservée pour qu'on puisse comprendre quelle était son attitude. Les Victoires (Nike) qui séparent les panneaux tournent leur regard vers l'empereur Trajan. Au centre du premier panneau se tient Trajan en habit court, un bouclier à ses pieds et un cheval devant lui: de l'autre côté du cheval, l'homme barbu et portant un habit long semble être un personnage important; derrière l'empereur il y a des soldats romains en tenue de combat et derrière l'autre personnage, des guerriers chevelus et barbus. Le panneau central se présente comme suit: au premier plan un haut-relief représent Trajan; devant lui, un guerrier lui amène un cheval carapaçonné: à l'arrière-plan, une rangée de soldats romains. Enfin le troisième panneau se compose de trois guerriers d'allure orientale, d'un cheval en mouvement et d'une rangée de guerriers à l'arrière-plan. En dehors de ces panneaux principaux. ils y en avaient d'autres qui les complétaient en montrant les préparatifs de la campagne et des scènes de triomphe: par exemple un panneau qui se trouvait sur le côté droit représente des prisonniers les mains liées dans le dos.
Dans cette oeuvre, qui fut réalisée à l'époque de Trajan, les figures placées en avant sont sculptées avec une certaine épaisseur, ce qui permet de donner de la profondeur à l'ensemble de la scène.