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D'après la mythologie, les Courètes étaient des demi-dieux qui se signalèrent lorsque Letô, enceinte de Zeus, mis au monde les jumeaux divins Artémis et Apollon: toujours prêts à rendre service, ils firent un vacarme épouvantable avec leurs armes afin de distraire l'attention d'Héra, l'épouse jalouse de Zeus, et de lui cacher ces naissances illégitimes.
Plus tard, ce même nom de Courètes désigna à Ephèse une catégorie de prêtres dont le collège formait la principale association religieuse de la ville. A l'origine, ils étaient six, mais leur nombre fut porté à neuf et ils étaient renouvelés chaque année. Le but de cette association était d'animer les concours dramatiques annuels qui avaient lieu à Ortygia pour célébrer la naissance d'Artémis éphésienne. L'association des Courètes, qui à l'origine était rattaché à l'Artémision, possédait ses propres locaux en différents endroits de la ville et notamment au Prytanée où, à partir de l'époque impériale, elle occupa une salle à part; et c'est pour cela que l'on a retrouvé dans les ruines du Prytanée un grand nombre d'inscriptions relatives aux Courètes.
L'avenue qui porte le nom de "rue des Courètes" s'étend de la porte d'Héraclès jusqu'à la bibliothèque de Celsius. Comme elle se trouvait au centre de la ville, elle était bordée d'un grand nombre de constructions monumentales dont les façades donnaient directement sur elle. La chaussée, sous laquelle se trouvait un important système de canalisations, était pavée de plaques de marbre. De chaque côté il y avait des trottoirs en mosaïque abrités par des galeries à colonnes décorées. Les portes des maisons, des boutiques (qui étaient reliées aux maisons situées juste derrière) et des autres bâtiments s'ouvraient sur ces galeries. En avant des colonnes, on pouvait voir sur des piédestaux, portant parfois des inscriptions, des statues représentant des personnes ayant accordé leur libéralité à la cité. Citons par exemple la statue du juge Alexandros, qui se trouve près de la porte d'Héraclès, ou celle du consul Stéphanos, qui est exposée au Musée. Les tremblements de terre qui eurent lieu au IVème siècle de notre ère détruisirent à chaque fois la rue des Courètes et la rendirent complètement inutilisable. A la suite du dernier séisme, elle fut reconstruite avec des colonnes et des éléments architecturaux disparates provenant de différents endroits de la ville.