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50. La maison de la Vierge

 

 

    D'après les paroles de l'évangile selon Saint Jean, peu avant de mourir, Jésus dit à sa mère en montrant Jean: "Mère, voici ton fils" puis se tourna vers Jean, il dit: "Voici ta mère". Entre 4 et 6 ans après la mort de Jésus, Saint Jean vint à Ephèse en compagnie de la Vierge Marie et ils séjournèrent quelque temps dans une maison qui était située à l'endroit où s'élève aujourd'hui l'église du Concile (ou église de la Vierge); c'est du moins ce que mentionnent les actes du Concile de 431. Plus tard, Saint Jean installa la Vierge dans une maison préparée pour elle sur le Coressos. Avec le temps, on finit par oublier l'endroit où la Vierge Marie avait passé la fin de sa vie et sa maison tomba en ruine. Malgré cet état de chose, peu après le Moyen-Age, le problème de la localisation de sa maison redevint une question d'actualité mais les discussions n'aboutirent à aucune conclusion.

 

    En 1878, le débat fut relancé par la publication par Clément Brentano de la traduction française de "la Vie de la Vierge Marie" d'après les révélations de Catherine Emmerich (mystique allemande, 1774-1824). Elle donnait en effet des indications précises sur l'endroit où la Vierge Marie aurait passé les dernières années de sa vie. En 1891, le Père Lazariste Eugène Poulin, directeur du collège de Smyrne, voulut savoir jusqu'à quel point on pouvait croire les révélations de la célèbre visionnaire, et pour cela, il chargea un groupe de personnes dirigées par le Père Yung, d'effectuer des recherches. Ils explorèrent donc longuement les montagnes situées au sud d'Ephèse, et finirent par découvrir au lieu dit "Panaya Kapulu" une maison qui passait pour être la Maison de la Vierge.

 

    Catherine Emmerich, qui pourtant n'avait jamais quitté une seule fois sa ville natale, avait fait une description qui correspondait exactement à Panaya Kapulu. Après cette découverte, Eugène Poulin se fixa pour but de faire rapidement connaître cet endroit et pour cela il publia toute une série d'ouvrages. L'affaire suscita l'ensemble du monde chrétien et la grande majorité des historiens de l'Eglise qui s'étaient rendus sur place, adoptèrent le point de vue du Père Poulin. Après avoir procédé à une enquête sur ce sujet, l'archevêque de Smyrne, Monseigneur Timoni, autorisa les pèlerinages en 1892. En 1961, le Pape Jean XXIII voulut mettre fin à la querelle qui persistait plus ou moins au sujet de la Maison de la Vierge et il annonça officiellement qu'il fallait la considérer comme un lieu de pèlerinage. Les visites effectuées par Paul VI en 1967 et par Jean-Paul II en 1979 ont symbolisé de la manière la plus claire, l'importance que la papauté accordait à cette question.

 

 

 

La Maison de la Vierge

 

 

    Pour aller à la Maison de la Vierge, il faut prendre la route qui, à partir de la Porte de Magnésie, se dirige droit sur le Bülbül Dagi. Les premiers vestiges se compose d'une citerne circulaire située sur une petite place à 100 mètres de la maison et d'un mur à arcatures près de la colline. L'escalier qui était sur le côté ouest de la citerne est totalement détruit mais on peut encore voir une partie du bassin. En fouillant les alentours du mur on a retrouvé deux sarcophages en terre cuite dans lesquels les squelettes avaient la tête orientée vers la maison, et qui contenaient également des cadeaux mortuaires dont deux monnaies, l'une de Constantin, l'autre de Justinien.

 

    En poursuivant le chemin au delà de la citerne, on rencontre une petite église à plan en croix et surmontée d'une coupole; c'est là le bâtiment connu sous le nom de Maison de la Vierge. Il date du VIème ou VIIème siècle et quand on l'a retrouvé, il n'en restait plus que les fondations et les premières assises des murs; l'église que l'on voit aujourd'hui est donc pour la plus grande partie une reconstitution moderne et pour l'indiquer clairement on a tracé à la peinture rouge la limite entre la maçonnerie antique (ou du moins byzantine) et maçonnerie moderne. Après avoir franchi une porte cintrée, on pénètre dans une salle voûtée sur les deux côtés de laquelle il y a des niches en forme de porte. De là, en franchissant une marche d'escalier, on accède à une salle dans l'abside de laquelle il y a une statue de la Vierge placée là au siècle dernier. Le sol est recouvert de marbre et l'on suppose que l'emplacement du foyer était dans la zone qui se distingue par sa couleur grise. Lors des fouilles, on a retrouvé à cet endroit des restes de charbon de bois et les fondations d'une maison dont une partie pourrait dater du 1er siècle de notre ère. La petite pièce qui se trouve au sud est connue sous le nom de chambre à coucher; une niche est creusée dans son mur oriental. L'Islam comptant la Vierge Marie parmi ses "saints", les musulmans font la prière dans cette pièce dont les murs portent des traductions des sourates du Coran concernant la Vierge; pour ceux qui souhaiteraient lire plus en détail les sourates en question, on a mis à leur disposition dans un placard des corans traduits en différentes langues. Comme on n'a retrouvé aucun vestige de la terrasse à l'ouest du terre-plein où est bâtie la maison, il y a des fontaines dont l'eau provient de dessous le dallage en marbre rose de la chambre à coucher. Cette eau est supposée avoir des propriétés thérapeutiques. (se munir d'une gourde).
 
 


 
 


 

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