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Sous l'empire romain, les thermes étaient des établissement ayant leurs règles particulières et ils étaient appréciés de tous, riches comme pauvres. D'ailleurs, l'entrée de certains thermes était gratuite afin que même les gens les plus modestes puissent en profiter. Les gens riches y passaient beaucoup de temps; en général ils préféraient venir l'après-midi, accompagnés de leurs serviteurs. Voici comment se déroulait une séance aux bains: d'abord on se déshabillait dans un vestiaire appelé "apodyterium", puis on allait transpirer dans le "sudatorium", ensuite on passait dans une salle chaude appelée "caldarium" où les serviteurs lavaient et massaient leur maître. Une fois qu'on avait fini de se laver on passait au "tepidarium" (salle tiède): là on bavardait, philosophait ou on discutait de problèmes politiques. Enfin, avant de quitter l'établissement thermal, on allait nager dans la piscine froide du "frigidarium" pour se fortifier le corps.
Les thermes de Scholastikia. Restaurés au IVè siècle apr. J.-C.
Sous l'empire byzantin, les thermes perdirent progressivement de leur importance en raison du mépris que la religion chrétienne portait (et porte encore) à tout ce qui touche aux plaisirs du corps. Au Moyen-Age cette excellente institution était donc complètement tombée dans l'oubli mais les Turcs seldjoukides et ottomans la remirent en honneur et lui consacrèrent un type d'édifice original appelé hamam.
Les thermes de Scholastikia se trouvent sur le côté nord de la rue des Courètes, entre la fontaine de Trajan et le temple d'Hadrien. Ces bâtiments, qui sont parmi les plus grands de ce type à Ephèse, ont été construits au Ier siècle de notre ère et réparés à diverses reprises jusqu'à la fin du IVème siècle. Les dernières restauration furent effectuées vers l'an 400 aux frais de Scholastikia, une dame chrétienne qui leur donna son nom. Les bâtiments s'étagent sur trois niveaux en tenant compte du rez-de-chaussée; ils possédaient deux entrées; l'une donnant sur la rue des Courètes, l'autre sur la rue qui se trouvait à l'est. Chacune de ces portes s'ouvraient sur l'apodyterium par une pièce absidale en forme de "L". Cet apodyterium était une salle particulièrement grande dont le plafond était soutenu par des colonnes et dont les murs étaient agrémentés de niches. C'est dans l'une d'elles que l'on a retrouvé la statue de Scholastikia.
Le lupanar et les thermes de Scholastikia.
Le frigidarium est à l'ouest
de l'apodyterium; au centre de la salle il y a un bassin de forme elliptique
qui était rempli d'eau froide. Dans le mur nord de l'apodyterium
s'ouvre une porte voûtée qui permettait d'accéder à
la salle tiède (tepidarium). Les murs et le sol de cette pièce
sont parcourus par des tuyaux qui assuraient la circulation de l'air chaud.
A l'origine le sol était couvert d'une mosaïque faite de petits
morceaux de marbre de couleur dont on peut encore voir un fragment contre
le mur est, quelques centimètres en dessous de la surface actuelle.
A la suite des restaurations effectuées dans les années 400,
la mosaïque fut recouverte d'un dallage en marbre. Du tepidarium,
on pénétrait dans le caldarium par une petite porte étroite.
Cette partie de l'édifice est conservée sur toute sa hauteur
d'origine. A la suite des réparations effectuées à
différentes époques les murs ont été recouverts
de panneaux en marbre ou en terre cuite. Le dallage du caldarium reposait
sur des pillettes en brique entre lesquelles l'air chaud fourni par les
hypocaustes (qui étaient situés à l'ouest de cette
salle) pouvait circuler facilement.