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9. Le culte impérial et ses temples

 

    Les temples de Dea Roma et de Divius Julius Caesar.

 

    Pour répondre aux désirs des populations d'Asie Mineure qui étaient habituées aux religions officielles, l'empereur Auguste autorisa les gens de ces provinces qui n'étaient pas citoyens romains à pratiquer un culte en l'honneur de sa personne, à la condition que ce soit en même temps que la déesse romaine Dea Roma dont les lieux de culte se trouvaient à Nicomédie pour la province de Bithynie et à Pergame pour l'Asie. Par ailleurs, pour les citoyens romains qui habitaient ces deux provinces, il inaugura, à Nicée et à Ephèse, des cultes consacrés à la déesse Dea Roma et à son père adoptif divinisé par décision du Sénat sous le nom de Divius Julius Caesar.

 

    Sous l'empire romain, l'attribution du privilège de "néocore", c'est à dire le fait de posséder un temple impérial ou d'en avoir la garde, à une cité était un grand honneur pour elle. Ce n'est qu'assez tardivement, sous le règne de Domitien (81-96 ap. J.-C.), qu'Ephèse obtint son premier temple impérial. Mais ce privilège de néocore, qui avait été obtenu aux prix de grands efforts, faillit échapper aux Ephésiens à la mort de Domitien. Gravement menacée de perdre son prestige face à ses rivales Pergame et Smyrne, Ephèse décida de consacrer l'ex-temple de Domitien à son père Vespasien qui avait été divinisé.

 

    Ephèse obtint le droit de construire un temple impérial pour la seconde fois, sous le règne d'Hadrien. C'était en l'an 128, lorsqu'Hadrien paré du nom de Zeus Olympien, vint d'Athènes pour visiter Ephèse. L'autorisation de construire un temple impérial fut accordée pour la troisième fois à la ville d'Ephèse par l'empereur Caracalla lorsque celui-ci partageait le pouvoir avec son frère Geta (211-212). Mais en 212, après qu'il eût assassiné son frère de sa propre main, Caracalla écrivit aux Ephésiens pour leur annoncer qu'il renonçait à son temple au bénéfice d'Artémis. Le privilège de néocore ainsi perdu fut rétabli par l'empereur Héliogabale (218-222). Enfin, le privilège de néocore fut accordé pour la quatrième fois à la ville d'Ephèse par une décision du Sénat Romain prise sous le règne de l'empereur Valérien (251-260).

 

    Comme nous l'avons déjà signalé, posséder un temple impérial était une affaire de prestige très importante pour les villes de la Province d'Asie. Ephèse ne ménagea ni sa peine, ni son argent pour devenir "Proteia", c'est à dire première ville de la province, éclipsant ainsi Pergame et Smyrne.

 

    Les temples impériaux étaient placés sous la garde d'une catégorie de grands prêtres appelés "archiereus". Ceux-ci portaient en tête de leur titulature le nom de la ville où se trouvait leur temple. Bien que les temples impériaux fussent la propriété d'une ville, c'étaient des lieux qui bénéficiaient du respect de la population de toute la province.

 

 

Eros chevauchant un dauphin. Bronze. IIè siècle apr. J.-C.

 

 

    A la tête de l'ensemble des archiereus de la province, il y avait un "asiarque", mais on ne sait pas très bien quels étaient ses rapports avec les archiereus. On s'accorde à penser que le titre d'asiarque désignait aussi: celui qui organisait et dirigeait les concours dramatiques semi-religieux avaient lieu tous les quatre ans dans une province différente en l'honneur de l'empereur. La charge d'archiereus était une fonction qui nécessitait avant toute chose de gros sacrifices financiers.

 

    Nous pouvons considérer les combats de gladiateurs ou de bêtes sauvages comme liés de très près au culte impérial et à ses festivités. Bien que ce genre de spectacles ne plaisait guère aux gens d'Asie Mineure, ils suscitèrent l'intérêt dans les villes d'Asie durant la période romaine.

 

    De riches familles éphésiennes, telles que les Vedii, créèrent des écoles privées de gladiateurs pour pouvoir assurer ces spectacles. On a retrouvé des inscriptions gravées en l'honneur de certains asiarques qui les félicitaient pour les dépenses considérables qu'ils avaient assumées pour la réalisation de ces spectacles. A aucun moment le culte impérial ne fut une religion au sens stricte du terme. Ce culte était plutôt une institution destinée à créer et à maintenir une unité qui dépasse les différences de langue, de culture et de religion qui existaient entre les personnes très variées qui peuplaient l'empire romain.

 

    Les temples de Dea Roma et de Divius Julius Caesar sont au milieu d'une cour entourée de portiques à colonnes qui se trouve immédiatement à l'ouest de l'Odéon. Ces temples assez petits avaient chacun quatre colonnes sur leur façade est. Ils ont été très abîmés car, à une époque tardive, on a construit par dessus d'autres bâtiments; aujourd'hui, il n'en reste plus que les podiums et les murs de fondations faits de blocs de marbre taillés avec art.

 

    C'est lorsqu'il vint à Ephèse en 29 av. J.-C. qu'Auguste donna l'autorisation de construire ces temples qui, entre les années 4 à 14 ap. J.-C., furent dédiés l'un à Dea Roma et l'autre au père adoptif d'Auguste, Divius Julius Caesar.
 
 


 
 


 

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