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Nous sommes dans les premiers jours de l'été de l'année 54 après Jésus-Christ. Excitées par Démétrius, un bijoutier bedonnant portant une courte barbe frisée et un manteau rouge. Des milliers de personnes hurlent au point d'en ébranler le théâtre d'Ephèse: "Vive Artémis éphésienne ! Vive Artémis éphésienne !". Faisant face à cette foule ce tient l'apôtre Paul, le propagateur du christianisme. Mais c'est en vain que cet homme âgé, drapé de blanc, un baton à la main, essaye de faire taire la foule déchaînée. Finalement, avec l'aide de quelques fidèles, il réussira à quitter les lieux sain et sauf. Ce jour-là, Ephèse vient de voir une fois de plus une des grandes journées qui marqueront son histoire au même titre que celles qui virent l'arrivée de son fondateur Androclès, l'occupation des Lydiens puis celle des Perses, les tremblements de terre des années 17, 355, 365 et 368 ap. J.-C., ou le concile de 431. Les cris de "Vive Artémis éphésienne !" qui montent au ciel sont en fait les derniers soupirs de la Grande Déesse-Mère vieille de près de sept mille ans.
La Grande Déesse-Mère, dont notre Artémis éphésienne est un avatar, prit forme entre les mains des hommes de Catalhöyük 7000 ans avant Jésus-Christ sous l'aspect d'une femme extraordinairement féconde et c'est alors que commença son grand voyage. Elle est la mère de toute chose; elle se répandit d'abord dans toute l'Anatolie, puis de là étendit son influence dans toutes les directions: en Mésopotamie, en Egypte, en Arabie et même en Scandinavie. Après plusieurs milliers d'années d'évolution la Déesse-Mère devint finalement l'Artémis éphésienne. Le temple qui fut construit en l'honneur d'Artémis était le monument le plus célèbre de l'Antiquité, et la ville d'Ephèse construite à proximité était considérée comme l'un des berceaux de la civilisation.
Nos connaissances concernant Ephèse proviennent d'une part des écrivains antiques et d'autre part des inscriptions et autres découvertes archéologiques mises au jour par milliers au cours des fouilles. Cependant nos informations sur les origines de la ville restent encore insuffisantes. Les historiens antiques Strabon et Pausanias racontent qu'Ephèse fut fondée par les Amazones et que la majorité de sa population était constituée de Cariens et de Lélèges.
D'après l'historien Hèrodote, les Cariens se considéraient comme le peuple le plus ancien d'Anatolie; ils habitaient la province de Carie dont la ville principale était Raucamasse. Quant aux Lélèges, ils étaient originaires de Thrace et des îles égéennes et avaient émigré en Anatolie. Les Amazones jouent un grand rôle dans les légendes relatives à la fondation de la ville et c'est peut-être la raison pour laquelle Strabon raconte que le nom qui lui fut donné était celui d'une Amazone nommée Ephèse.
Le poète Kallinos qui vécut à Ephèse à la fin du VIIème siècle et au début du VIème siècle avant J.-C. nous apprend que l'Amazone qui s'empara d'Ephèse portait le nom de Smyrne. D'après Hipponax, poète éphésien exilé en 540 av. J.-C. par le tyran Athénagoras,un quartier d'Ephèse prit le nom de Smyrne.
Strabon écrit que Smyrne se trouvait entre Lepre Akte et Thrakeia, c'est a dire entre le Mont Pion (appelé aujourd'hui Bülbül Dagi) et le Mont Coressos (Panayir Dagi). Plus tard les habitants du quartier de Smyrne quittèrent Ephèse pour venir s'installer dans les environs du site actuel d'izmir où ils fondèrent la ville de Smyrne.
Tout au long de son histoire Ephèse conserva un grand intérêt pour les Amazones et pour les légendes se rapportant à elles et c'est pour cette raison qu'au Vème siècle av. J.-C. on organisa entre les sculpteurs les plus célèbres de l'époque un concours pour l'érection d'une statue d'Amazone qui devait être placée dans le temple d'Artémis (voir plus loin à: Temple d'Artémis).
Les trouvailles archéologiques les plus anciennes découvertes à ce jour à Ephèse proviennent d'une tombe mycénienne dégagée dans les environs de l'église St Jean; elles sont exposées aujourd'hui au Musée d'Ephèse. Elles datent du XIVème siècle av. J.-C. D'après ces données on est obligé d'admettre que la fondation d'Ephèse remonte au moins à ces années-là. Les vases qui ont été retrouvés sont des produits fabriqués selon la technique la plus avancée de l'époque qui faisaient l'objet d'un commerce dans les colonies mycéniennes établies sur les côtes méditerranéennes et égéennes de l'Asie Mineure. On les rencontre tout le long de la côte depuis Troie jusqu'à Halicarnasse. Les trouvailles faites à Milet dans les environs d'Ephèse et qui datent de 1600 av. J.-C. figurent parmi les plus anciennes.
Le Prof. E. Akurgal et d'autres savants ont avancé l'hypothèse que le royaume d'Ahhiyava dont parlent les documents hittites du XIVème et XIIIème siècle av. J.-C. et dont la localisation fait l'objet de discussions, pouvait avoir été situé dans les environs de Milet. Si cela était prouvé, Ephèse, de par sa position, aurait été une ville importante de ce royaume, c'est à dire qu'il serait naturel que ce fut la ville que les tablettes hittites mentionnent sous le nom d'Apasas. Cependant, jusqu'à maintenant on n'a pas encore découvert d'habitat mycénien à Ephèse.
Les années 1300 à 1100 av. J.-C. sont une période de troubles aussi bien en Anatolie qu'en Syrie ou en Egypte. Les Hittites qui dominent l'Anatolie Centrale sont confrontés au soulèvement des tribus placées sous leurs ordres.
Après avoir vaincu les Troyens, puis pillé et détruit leur cité, les guerriers thraces descendirent plus au sud. Avec d'autres troupes qui, elles, étaient arrivées par mer,ils s'installèrent en Anatolie Occidentale et y fondèrent des colonies. Les documents égyptiens du XlIéme siècle mentionnent avec tristesse les villes qui furent incendiées et détruites au cours de ces invasions. A la suite de ces migrations on voit apparaitre en Anatolie occidentale les noms de provinces telles que l'Eolide ou l'Ionie. La région d'Ionie où se trouve Ephèse porte le nom de "Yavan" dans ltAncien Testament, de "Yavnai" dans les textes assyriens et de "Yauna" dans les documents perses.
Les nouveaux arrivants s'installèrent de préférence sur des îles proches des côtes ou sur des presqu'îles reliées à la terre ferme par un isthme étroit, ceci dans le but d'assurer plus facilement leur sécurité.
A Ephèse comme dans les autres villes ioniennes, ce mouvement de colonisation était achevé au Xème siècle av. J.-C. Voici comment Strabon et Pausanias racontent cette histoire: Androclès, fils du roi d'Athènes Codrus, et ses amis étaient sur le point de s'embarquer pour l'Asie Mineure, lorsque, réalisant qu'ils étaient indécis quant à l'endroit où ils allaient fonder leur nouvelle ville, ils demandèrent conseil à l'oracle d'Apollon. L'oracle répondit qu'un poisson et un sanglier indiqueraient l'endroit le plus propice à la fondation de la ville. Arrivés dans les parages de la future Ephèse, Androclès et ses amis voulurent faire cuire un poisson, mais le poisson sauta hors du foyer en entrainant des flammèches qui mirent le feu aux herbes sèches. Un sanglier surgit des broussailles qui commencaient a flamber. Androclès sauta sur son cheval pour poursuivre le sanglier et il réussit à le tuer. Ayant réalisé que la prophétie du devin s'était accomplie, ils établirent leur ville à cet endroit. C'était le rivage nord du Mont Pion qui à cette époque présentait l'apparence d'une baie pouvant servir d'abri aux bateaux. Pour conserver le souvenir de cet événement on construisit un temple à Athéna sur les lieux où le sanglier avait été tué. Mais le site de ce temple n'a toujours pas été identifié.
Le père d'Androclès, Codrus, le roi d'Athènes, était un homme connu pour son héroïsme. Avant une bataille qu'il allait livrer contre un peuple voisin, il demanda à un oracle qui sortirait vainqueur. L'oracle ayant répondu: "C'est l'armée dont le chef aura péri le premier qui remportera la victoire.", le roi Codrus se fit volontairement tuer par les soldats ennemis. Cet événement est sans doute à l'origine de la querelle qui éclata entre Androclès et ses demi-frères qui régnaient sur les villes environnantes au sujet du royaume d'Athènes et c'est ainsi qu'il aurait été la cause indirecte de cette émigration vers l'Asie Mineure. Androclès mourut au cours d'une bataille menée contre les autochtones cariens; il fut enterré près de la Porte de Magnésie et on construisit un heroon (petit temple funéraire) au-dessus de sa tombe. Après la disparition d'Androclès, le pouvoir revint a ses descendants qui dirigèrent ainsi la cité d'Ephèse pendant quatre siècles.
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La légende:
1 -
Le temple d'Artémis
2 -
La porte de
Magnésie
3 -
Le gymnase
de l'est
4 -
Les thermes
de Varius
5 -
Les adductions
d'eau et les fontaines
6 -
L'agora administrative
7 -
La basilique
8 -
L'odéon
9 -
Le culte impérial
et ses temples
10 -
Le Prytanée
11 -
Le monument de Memmius
12 -
La fontaine monumentale
13 -
La fontaine de Pollio
14 -
Le temple de Domitien
15 -
La galerie des inscriptions
16 -
La fontaine de Laecanius
Bassus
17 -
La porte d'Héraclès
18 -
La rue des Courètes
19 -
La fontaine de Trajan
20 -
La tour ronde
21 -
Les thermes de Scholastikia
22 -
Les latrines
23 -
Le temple d'Hadrien
24 -
Les maisons en terrasses
25 -
L'octogone
26 -
La fontaine byzantine
27 -
La maison close
28 -
La porte monumentale
29 -
La bibliothèque
de Celsius
30,31 -
La porte de Mazeus
et Mithridate et l'agora
32 -
Le Temple de Sérapis
33 -
La rue de marbre
34 -
le grand théâtre
35 -
La fontaine hellénistique
36 -
La rue du port
37 -
Le gymnase du théâtre
38 -
La palestre de Vérulanus
39 -
Le gymnase et la palestre
du port
40 -
Les thermes du port
41 -
L'église de la
Vierge
42 -
Les Thermes byzantins
43 -
L'acropole
44 -
Le stade
45 -
Le gymnase de Védius
46 -
La grotte des Sept Dormants
47 -
L'église Saint
Jean